Le jour de gloire

Suivez ce roman policier emflammé: "Le jour de gloire"

04 novembre 2006

CHAPITRE 3 - PARTIE 2

(...) — Alors qu'est-ce que tu en penses ?
 De quoi ?
 De Brunel et de son acolyte Lacroix !
— Je ne pourrais pas expliquer pourquoi, mais ces deux mecs ne m'inspirent pas confiance, je ne crois pas un mot de ce qu'ils nous ont raconté.
 
Ouais, moi non plus.
— Tous les deux me semblent louches, mais bon, dans la politique, tout le monde est louche.
— Ça ne pouvait pas tomber plus mal que sa fille accouche maintenant.
— Et en plus, il fallait, comme par hasard, que sa femme aille la rejoindre, mais bon Dieu, je sens que cette affaire n'est pas prêtre d'être réglée d'aussi tôt.
 
Ouais, dit Fabien.
— Bon allons voir Eppart, j'ai quelques questions à lui poser. Et puis j'aimerais que tu te renseignes sur Brunel et Lacroix, prends tout ce que tu pourras trouver d'intéressant, et vérifie au passage si la fille de Brunel a vraiment accouché. 

La morgue était une grande bâtisse toute blanche avec de hautes fenêtres de chaque côté des façades, elle s'élevait sur trois étages. A l'intérieur, la peinture s'effritait et le parquet était jauni par le temps. Néanmoins, elle était très moderne. A croire que tout l'argent des contribuables passait dans sa modernisation et non dans sa rénovation.
Quand ils entrèrent dans la salle d'autopsies, la même odeur de mort et de formol les prit aussitôt à la gorge. Ils détestaient la morgue pour cela.
Ils trouvèrent Gloria en "tenue de combat", comme disait Fabien, en train d'examiner les deux squelettes. En entendant leurs pas, elle leva les yeux de la table d'examen.
 
Qu'est-ce qui vous amènent aussi vite ? demanda-t-elle.
— J'aimerais savoir s'il est possible que les cadavres aient été brûlés, avança Greg.
 
Pourquoi ?
 
Et bien le jardinier, son nom n'échappe.
 
Dubois, intervint Fabien.
— Ouais, Dubois. Il a remarqué que l'herbe ne poussait plus là où il a découvert les corps, il pense que la terre a dû être brûlée à cet endroit. Alors je me suis dit qu'elle avait dû l'être en même temps que les corps.
— Oui, je confirme, les deux cadavres ont bel et bien été brûlés, cela se voit aux marques laissées sur leurs os, regardez.
Et elle leur désigna ces marques du bout des doigts.
— Mais en général, quand des corps brûlent, à la fin il ne reste plus que des cendres, n'est-ce pas ? dit Fabien.
— Ça dépend, mais dans ce cas on dirait bien que quelque chose a interrompu le feu, peut-être qu'il s'est mis à pleuvoir avant que les os ne disparaissent totalement.
 
Est-ce le feu qui les a tués ? s’enquit-il.
Rien que le son de sa voix suffisait à la mettre hors d'elle.
— Je ne saurais le dire avec exactitude, pourtant à première vue, il n'y a aucun traumatisme crânien, alors, oui, le feu les a peut-être brûlés, mais c'est vite dit.
 
Mais ce n'est pas sûr ?
— Non, absolument pas, ils ont peut-être été empoisonnés avant d'être brûlés, cependant il m'est impossible de le savoir, il ne nous reste que les os. En tout cas, une chose est certaine : ils ont bel et bien été brûlés.
Greg n'avait pas envisagé cette éventualité, il n'avait pas pensé qu'ils avaient pu être brûlés vivants, mais quel monstre pouvait faire une chose pareille ! Un homme sans sentiment, sans conscience à tous les coups, se dit-il.
— Et qu’avez-vous découvert ? la questionna Greg.
— Le plus grand des cadavres est une femme, elle devait probablement avoir la trentaine lors de son décès. Le petit cadavre est un garçon, il ne devait même pas avoir 6 ans. La mort remonte à 7 ou 9 ans. Sinon, j'ai découvert quelque chose d'intéressant sur la femme.
 
Qu'est-ce que c'est ? demanda Greg.
— Elle avait des implants en or, je les ai envoyés au labo pour les faire examiner.
— Bien, très bien.
— De plus, j'ai également envoyé une radio de sa dentition à tous les dentistes de la région, ça fait pas mal, mais pour l'instant je ne peux pas faire autre chose pour démarrer mes recherches. Et puis qui sait ! peut-être que l'un d'entre eux reconnaîtra une de ses anciennes patientes. J'ai procédé de même avec le petit, mais ce sera plus difficile.
 
Pourquoi ? voulut savoir Fabien.
— Parce qu'il n'est qu'au stade des dents de lait, et à son âge, on n'a pas encore de dentition fixe, répondit Greg.
— Oui, c'est ça, dit Gloria en pensant pour la première fois que Greg n'était pas bête et avec ça il était beau gosse.
Il remarqua son regard et elle rougit en s'apercevant qu'elle venait d'être démasquée, elle baissa la tête, honteuse. Fabien aussi avait vu son regard, il envia Greg et détesta Gloria un peu plus.
— Bon si c'est tout.
— Oui, c'est tout.
— J'attends rapidement de vos nouvelles, dit Greg en partant.
— Comptez sur moi, lui répondit-elle le sourire aux lèvres.
En allant au commissariat, Greg demanda à Fabien de compulser tous les fichiers concernant les personnes disparues depuis les dix dernières années et de relever toutes les disparitions qui comprenaient une mère et son fils, âgés respectivement de 30 à 35 ans et de 5 à 6 ans. En se les imaginant, Greg fut encore un peu plus écœuré en pensant au monstre qui avait pu faire cela, il se promit de l'arrêter et de le faire enfermer à vie coûte que coûte. 

La pause de midi fut l'occasion pour Marie de dire à Stephen qu'elle acceptait son invitation pour vendredi soir. Dans trois jours, se dit-il, tout heureux. Il attendrait avec patience, oui patienter était ce qu'il savait faire de mieux depuis 9 ans.


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