31 octobre 2006
CHAPITRE 2 - PARTIE 3
(...) Il voulait savoir si ce
dernier n'avait pas pu voir quelque chose de suspect par là-bas, car à tout
casser les cadavres devaient être là depuis au moins 10 ans.
— Feu François, il est
décédé voilà 6 mois, c'est pour cette raison que j'ai dû demander les services
de Dubois.
Et une piste qui s'en va.
— Et vous, vous arrive-t-il
d'aller par là-bas ? lui demanda Fabien.
— Non, jamais, c'est
beaucoup trop sauvage avec toute cette herbe haute.
— Justement, pourquoi ne pas
la tondre comme le reste de votre – il chercha le mot approprié : parc ou
jardin – parc, décida-t-il finalement ?
— C'est tout simple, il y a
maintenant une bonne dizaine d'années, ma femme a fait une mauvaise chute de
cheval dans le coin, elle a comme qui dirait banni cette parcelle de terrain
depuis, elle ne veut plus y retourner et empêche quiconque d'y aller.
Cependant, j'y envoie quand même le jardinier 2 à 3 fois par an pour tondre
l'herbe.
Greg nota mentalement de
vérifier auprès de sa femme l'exactitude de ses propos.
— Ce sera tout pour
aujourd'hui Monsieur Brunel.
— Bien, si vous avez besoin
d'autre chose, n'hésitez pas à m'appeler.
Il voulait se montrer
coopératif, pour ne pas éveiller les soupçons de la police, ce n'était pas le
moment de se faire coincer.
— Oui, serait-il possible de
s'entretenir avec votre femme ?
— Ma femme ! dit-il d'un
air surpris.
Il n'y avait pas pensé.
— Oui, votre femme, insista
Fabien qui comprenait à présent où voulait en venir Greg.
— Mon épouse est partie chez
notre fille, elle vient de nous donner notre premier petit-fils.
En disant cela, Brunel ne
put s'empêcher de sourire. Greg et Fabien s'en aperçurent, ainsi que cette
lueur qui étincela dans ses yeux.
— Toutes nos sincères
félicitations Monsieur, je suppose que vous devez être fier de ce petit-fils.
— Et comment, c'est notre
fille unique et elle nous donne un petit-fils, il n'y a rien de plus magnifique
au monde que ça, vous savez !
— Je vous crois sans
difficulté, mais quand pensez-vous que votre femme va rentrer ?
— Je ne saurais vous le dire.
— Bernard, il faut y aller.
C'était son bras droit qui
venait d'entrer. Je suis intervenu à temps, pensa-t-il.
— Lieutenants, je vous
présente Monsieur Lacroix, mon bras droit.
Sans leur laisser le temps
de répondre, Brunel enchaîna, mais cette fois pour Lacroix :
— Ils viennent pour les
squelettes.
— Ah oui ! ce regrettable
incident, dit Lacroix.
— Ce n'est pas un regrettable
incident, nous pensons qu'il s'agit d'un meurtre, intervint Greg.
— Comment ! s’emporta
Brunel, mais qu'est-ce que vous racontez, ce ne sont que des histoires !
— Bernard, calmez-vous,
laissez-les s'exprimer, voyons !
— Nous avons tiré ces
conclusions après examen, tout porte à croire qu'ils ont été assassinés vu leur
position.
— Tout porte à croire ! Mais
vous en n’êtes pas sûr, renchérit Lacroix.
— Eh bien…
— Alors, le coupa Brunel,
tant que vous n'aurez pas apporté de preuves concrètes pour appuyer vos dires,
je ne veux pas vous entendre parler de meurtre, je vous l'interdis
formellement. Oh ! je sens les média se jeter dessus. Je vois déjà les gros
titres des journaux : Meurtre chez un
futur sénateur. Non, non, ne parlez plus de meurtre ! décréta-t-il.
"Je ne veux pas, je
vous interdis", mais pour qui se prend-il celui-là pour me donner des
ordres, mais Greg ne répondit pas, il ne savait que trop bien qu'il y avait des
enjeux politiques sous cette histoire. En effet, Brunel postulait pour un poste
en tant que sénateur et il ne voulait certainement pas griller toutes ses
chances avec cette histoire de meurtre. Pour lui ce fut tout à fait compréhensible,
après tout, mais cela ne lui donnait pas le droit de donner des ordres comme
ça.
— Bon, si vous n'avez plus
d'autres questions, je crois qu'une enquête vous attend, plus rien ne vous
retient ici.
— Avant de partir,
j'aimerais aussi vous poser quelques questions Monsieur Lacroix.
— Ecoutez ! téléphonez à mon
bureau, ma secrétaire vous donnera un rendez-vous, voilà ma carte.
Et il la leur tendit.
— Merci, nous n'y manquerons
pas.
Sur ce, les lieutenants
partirent.
— Je sens que cette histoire
va me causer du tort, mais quel idiot ce jardinier d'avoir appelé la police
avant de m'avoir prévenu.
— Non, Bernard, il a bien
fait, il vaut mieux que cette histoire soit réglée avant votre nomination, ce
sera un point en plus pour vous. Imaginez : vous pourrez alors donner une
interview exclusive à la presse sur le rôle que vous avez joué pour permettre
le dénouement de cette affaire.
— Oui, vous avez raison, je
n'y avais pas pensé du tout.
— Mais, pourquoi avoir
inventé cette histoire de petit-fils, ils s'apercevront tôt ou tard que ce
n'est pas vrai.
— Je sais encore ce que je
dis, je ne suis pas fou, mais entre temps, nous aurons eu le temps nécessaire
pour régler nos affaires, je n'ai pas l'intention qu'ils viennent fourrer leur
nez dedans.
— Je comprends mieux maintenant.
— Bon au bureau, nous avons
déjà perdu que trop de temps.
Commentaires
Poster un commentaire
Rétroliens
URL pour faire un rétrolien vers ce message :
http://www.canalblog.com/cf/fe/tb/?bid=200588&pid=3041831
Liens vers des weblogs qui référencent ce message :
