Le jour de gloire

Suivez ce roman policier emflammé: "Le jour de gloire"

31 octobre 2006

CHAPITRE 2 - PARTIE 2

(...) L'homme portait de grosses bottes vertes et un pull qui pouvait contenir au moins dix hommes de sa corpulence, tellement il était grand ou tellement l’homme était maigre.
 Bonjour, Monsieur… commença Greg.
 Jean-François Dubois, j’suis le jardinier.
Je ne l'aurais pas deviné, pensa Greg en le dévisageant de la tête aux pieds.
Le jardinier voulut tendre sa main, mais il remarqua au dernier moment qu'il portait ses gants et que ceux-ci étaient recouverts de boue, alors il baissa son bras et fit un signe de la tête pour saluer les lieutenants.
— Je suis le lieutenant détective Klein de la B.A.F. et voici le lieutenant Johnson, annonça-t-il au jardinier en le montrant du menton. On aimerait vous poser quelques questions à propos de votre découverte.
— Depuis combien de temps êtes-vous au service de Monsieur Brunel en tant que jardinier ? demanda Fabien.
 Ça va faire 6 mois.
 Occupiez-vous un autre poste ici avant ?
 Non, j’suis arrivé ici y a 6 mois.
 Et c'est la première fois que vous voyez ça ?
— Ben oui, vous savez la pluie d’ces derniers jours a tout déblayé, et puis c’te partie du terrain, j'y vais pas souvent.
 Pourquoi ?
 Et ben parce que Monsieur Brunel le veut.
— Vous a-t-il donné des raisons pour vous expliquer pourquoi il ne veut pas que vous veniez ici ?
 Nan !
 Et vous ne lui avez jamais demandé d'explications ?
— Pourquoi j'l'aurais fait, Monsieur Brunel m'a dit de pas y aller, j'y suis pas allé.
 Et combien de fois venez-vous ici et pour quoi faire ?
— Seulement aujourd’hui d’puis qu’j’suis là, seulement pour couper les hautes herbes et ça demande du temps. J’m’suis toujours demandé pourquoi y avait pas d'herbe qui poussait là, dit-il en montrant du doigt l'endroit où avait été découvert les cadavres, c’est comme si qu'on y avait mis du feu.
Quand Greg l'entendit dire cela, il nota sur son calepin de demander à Eppart si les corps avaient pu être brûlés.
— Et vous n'aviez rien trouvé de suspect avant aujourd'hui ? demanda Fabien.
 Nan, à part que l'herbe ne pousse pas là-bas.
— Bon merci, si on a encore besoin de vous, on vous rappellera.
 D'accord !
Et l'homme s'en retourna à son travail. Il ressemble en tous points à un Deschiens, pensa Greg. Il est habillé pareil, parle pareil, il n'a aucun signe particulier, il est quelconque, pauvre type ! songea-t-il en le voyant s'en aller travailler. Mais bon, il a au moins le mérite d'être sensé, puisqu'il nous a appelés dès qu'il a découvert les squelettes.
En se tournant vers Fabien :
— Pourquoi Brunel ne veut-il pas que son jardinier vienne ici ? Curieux, non !
 Ouais c'est curieux, allons-le lui demander.
C'est ce qu'ils firent, la maison se situait à des kilomètres de l’endroit où ils se trouvaient. En arrivant devant la porte, les lieutenants étaient essoufflés d'avoir beaucoup marché, ils se dirent qu'ils auraient mieux fait de venir jusqu'ici en voiture. Avant d'entrer, Greg nota mentalement qu'il ne faudrait pas demander directement à Brunel pourquoi il ne laissait pas son jardinier aller là-bas plus souvent, il ne voulait pas que le vieux se mette sur la défensive.
 Bonjour lieutenants ! dit Brunel sans leur tendre la main.
Ils étaient comme ça les gens de sa catégorie, ils se sentaient trop supérieurs pour s'abaisser à serrer la main à de simples flics, seulement quand ils avaient besoin d'eux, non seulement ils leur serraient la main, mais ils avaient aussi droit à un certain respect.
Brunel était un homme de petite taille et maigre, son teint blanc écarlate laissait toujours penser qu'il était souffrant. Ses cheveux complètement gris à présent et sa moustache blanche trahissaient son âge avancé.
— On aimerait vous poser quelques questions à propos de la découverte de votre jardinier.
— Faites ! Mais pas plus de 5 minutes, j'ai une journée bien chargée qui m'attend au bureau, je n'ai donc pas beaucoup de temps à vous consacrer, alors dépêchez-vous !
Mais pour qui se prend-il, quel culot de nous parler comme ça, se dit Greg écœuré et dégoûté par l'attitude que les hommes riches et puissants adoptaient toujours envers eux.
 Nous ne serons pas longs, promit-il.
— Je l'espère bien, mais puis-je vous proposer quelque chose à boire avant ?
 Non merci, répondirent en cœur les deux lieutenants.
— Depuis combien de temps habitez-vous ici ? enchaîna Greg sans attendre.
 Cela va bien faire 15 ans maintenant.
Avant Dubois, qui était votre jardinier ? (...)



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