Le jour de gloire

Suivez ce roman policier emflammé: "Le jour de gloire"

31 octobre 2006

CHAPITRE 2 - PARTIE 1

Mardi 23 mars 1999
7h30

 

 Mais qu'est-ce que c'est ? demanda Gloria Eppart.
— Des os.
— Je le vois bien, mais qu'est-ce qu'ils font là, je ne comprends pas !
La pluie de ces derniers temps venait de mettre au jour deux squelettes : un grand et un petit, certainement un adulte et un enfant, se dit Gloria, encore une enquête qui promet d'être compliquée.
 Alors qu'est-ce que vous en pensez ?
 Pardon ?
 Je vous demandais ce que vous en pensiez ?
 De quoi ?
 De ça !
Fabien Johnson, le lieutenant, lui tendit une pièce de 10 F datée de 1990, recouverte de boue et vieillie par le temps qu'il avait trouvée sous le plus grand des cadavres.
— Je pense que c’est peut-être l'année de la mort de ces deux malheureux, lui répondit-elle. A première vue, ils ne sont pas morts de façon naturelle.
— Oh ben ça alors ! Il m'aura fallu un toubib de seconde main pour apprendre ça, lui rétorqua méchamment Fabien.
— Je vous interdis de me traiter de toubib et encore moins de seconde main.
 Ah oui et qu'est-ce que vous ferez pour m'en empêcher ?
— Eh là ! tous les deux vous avez fini ! leur cria Grégory Klein, le lieutenant détective. On est là pour découvrir qui sont ces personnes, dans quelles conditions elles sont mortes, et surtout pourquoi.
 Salut Klein !
— Johnson, Eppart, leur dit-il en faisant un signe de tête en prononçant leur nom.
Greg n'avait jamais aimé Fabien avec son air supérieur, mais il devait reconnaître qu’il était un bon flic, de plus il avait besoin de lui sur ce coup-là, alors il dut tenir sa langue.
 Faites-moi un rapport !
Gloria prit la parole :
— Deux squelettes, certainement un gosse et un adulte d'après leur taille, je fournirai l'âge approximatif après examen. La mort a dû avoir lieu après 1990 ou en 1990.
 Et qu'est-ce qui vous fait dire ça ?
— Ceci, dit Fabien en montrant à Greg de sa main gantée la pièce de 10 F recouverte de boue, je l'ai trouvée sous le plus grand des squelettes.
Greg la prit dans ses mains pour l'examiner de plus près, en effet, la date 1990 était marquée dessus.
— Mais encore, la pressa-t-il.
— Ils ne sont pas morts naturellement, poursuivit Gloria, ça se voit à leur position. A mon avis, on a dû les ligoter les mains dans le dos et les mettre à genoux avant de les tuer.
— Ok ! Les gars passent tout au peigne fin, si vous en avez fini ici, faites-les amener à la morgue, j'espère avoir les résultats de vos autopsies le plus rapidement possible.
— Hé ! Mais je suis débordée en ce moment, je ne sais pas si…
— Si vous savez, répliqua-t-il sèchement, vous me faites ces autopsies en priorité, le reste passe après. Vous ne savez peut-être pas à qui appartient ce terrain ?
 Mais je ne vois pas le rapport ?
Gloria commençait aussi à s'énerver, elle n'aimait pas qu'on lui donne des ordres, qu'on lui dicte ce qu'elle avait à faire, même si cette personne en avait le droit, elle préférait nettement mieux qu'on le lui demande poliment, mais elle avait affaire à des flics qui ne raisonnaient pas comme elle.
— Ce terrain appartient à Monsieur Brunel, ne vous l'a-t-on pas dit ? Comme vous êtes nouvelle ici, vous ne devez pas savoir qui c'est ?
 Non, répondit-elle doucement.
Fabien se délecta de ce spectacle, il n'avait jamais porté Gloria dans son cœur, surtout depuis le jour où elle avait repoussé ses avances. Pourtant, aujourd'hui plus qu'avant, il la trouvait très attirante.
— C'est l'homme le plus puissant de la ville, non du département, de la région même. Alors il s'est empressé d'appeler le maire qui a appelé le commissaire qui m'a appelé. Il veut que cette histoire soit réglée avant que la presse ne s'en mêle. Compris ou vous avez besoin d'un dessin !
 Greg n'avait pas mâché ses mots et il le regretta aussitôt en voyant la figure décomposée de Gloria. Mais il ne s’en voulut pas longtemps de l'avoir un peu secouée, après tout, il ne voulait pas être le seul à avoir été bousculé aujourd'hui.
— Qui a découvert les corps ? demanda-t-il en se tournant vers Fabien.
— Le type là-bas, répondit-il en montrant du doigt un homme entre deux âges et maigre comme un clou.
 Tu l'as interrogé ?
 Non, pas encore, je t'attendais.
— Bien, alors allons-y. Ah ! lâcha-t-il en se tournant vers Gloria, au travail ! (...)


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