26 octobre 2006
CHAPITRE 1 - PARTIE 2
(...) Comme à l'accoutumée, il
bondit dans ses bras et les referma autour de son cou, il adorait faire des
câlins à sa mère, et bien sûr elle ne s'en plaignait pas.
— Bonsoir m’man, dit-il en lui
faisant un gros bisou sur ses deux joues.
— Bonsoir poussin,
répondit-elle tout en lui rendant ses deux bisous, tu as passé une bonne
journée à l'école ?
— Oui !
— Et qu'est-ce que tu as fait
? Raconte-moi.
— On a fait des dessins et je
t'ai fait un dessin, pour toi.
— Magnifique !
— Tu veux le voir ?
— Je
vais d'abord parler à Claire, j'espère que tu as été sage avec elle ?
Elle connaissait déjà la réponse, il était adorable avec
tout le monde et en particulier avec Claire.
— Mais dis-moi où est-elle ?
— En bas, elle nettoie des
vêtements dans la machine.
— Oh ! elle fait une lessive, quelle gentille fille, il
faudra penser à l'augmenter à la fin du mois, elle en fait toujours plus que
prévu !
Tout en allant vers l'escalier qui menait à la buanderie,
dans le sous-sol, Marie appela Claire. Elle ne la fit pas attendre plus
longtemps et apparut tout essoufflée d'avoir monté les marches deux à deux.
— Merci pour la lessive,
c'est vraiment gentil, mais il ne faut pas te fatiguer trop en travaillant ici,
sinon que va penser ta mère de moi !
— Oh ! ma mère t'aime trop
pour penser quoi que ce soit, alors pour faire pencher la balance de mon côté,
je serais obligée de lui dire que tu es tout simplement la femme la plus
exigeante qui soit ! s’exclama Claire Deslanges en riant.
— Ah ! et elle te croira
vraiment, tu penses ! rétorqua Marie tout aussi amusée.
— Nan ! même pas en rêve,
rajouta-t-elle.
— Allez file, rentre chez toi, il se fait tard et
embrasse bien tout le monde, okay !
— Okay, à demain !
— Oui.
Claire n'était même encore sortie que Marc attrapait déjà
sa mère pour l'emmener voir le dessin qu'il lui avait fait.
— Quel joli dessin ! Il est splendide mon bébé, je vais
l'accrocher dans ma chambre avec tous les autres. Et bien ! Je ne savais pas
qu'on avait un artiste à la maison.
Marc rougit, sa mère avait toujours le chic pour dire des
choses qui le mettaient mal à l'aise. Alors elle le prit dans ses bras et
l'embrassa tendrement sur le front. Qu'est-ce qu'il a la peau douce, comme son
père, pensa-t-elle.
— Tu n'as pas faim ?
s’enquit-elle.
— Si.
— Dans ce cas, viens m'aider à
préparer le dîner.
— Dis m’man, on peut manger
des pizzas ? proposa Marc.
— Des pizzas, mais on en a
déjà mangé hier.
— S'il te plaît,
l’implora-t-il avec cette moue suppliante qu'il prenait toujours pour obtenir
ce qu'il voulait.
— Bon d'accord, je vais
passer la commande, en attendant mets le couvert.
Elle n'arrivait jamais à
résister à ce chantage sentimental, il la menait par le bout du nez, et elle
s'en rendait parfaitement compte, mais c'était plus fort qu'elle, elle lui
passait toujours tout quand il prenait cette mine-là.
— Chéri tu viens, le dîner est
servi.
Ah ! qu'est-ce qu'il pouvait détester sa femme, et encore
plus sa fille, elles lui servaient d'alibi pour passer inaperçu, à ses yeux,
elles n'étaient qu'une apparence, elles n'avaient aucune valeur pour lui.
Cependant, il lui fallait des invités pour son œuvre, il se l'était promis
jadis.
Il aurait préféré un fils à la place de cette pimbêche de
fille qu'il avait eue – il aurait pu lui transmettre son savoir et son art, ça
se serait fait de père en fils, de génération en génération – ah ! qu'est-ce
qu'il pouvait les haïr toutes les deux. Mais il avait besoin d'elles, d'une
part comme alibi si les choses venaient à tourner mal et d'autre part comme
invitées lors de son prochain jour de gloire. Il ne pourrait pas s'en passer,
il ne voulait plus revivre un tel jour sans personne à ses côtés pour
l'assister, sans personne pour ressentir les mêmes sentiments que lui, sans
personne pour reconnaître ses talents et son art. Il voulait tout simplement
que quelqu'un puisse comprendre sa passion, ce qu'il ressentait. Alors il
jouait le rôle du père et du mari aimants et attentionnés, toujours là pour sa
famille. Je suis vraiment un bon acteur, pensait-il toujours, un artiste
accompli, quoi ! Cependant, il trouvait souvent qu'il prenait son rôle trop à
cœur, il valait mieux ne pas trop s'attacher à sa petite famille, qui sait !
peut-être serait-elle amenée à disparaître.
Mais, il fallait quand même la préparer à accepter son
œuvre et puis trouver les modèles parfaits qui l'inspireraient, qui la
vivraient. Non ! Qui mouraient pour elle.
—
J'arrive tout de suite ma chérie !
Commentaires
t'as pensé aux forums de lecture ou de romans ??
Poster un commentaire
Rétroliens
URL pour faire un rétrolien vers ce message :
http://www.canalblog.com/cf/fe/tb/?bid=200588&pid=3008439
Liens vers des weblogs qui référencent ce message :
